vendredi 29 mai 2009

LA MAISON P.A. GOUIN / GÎTE LOISELLE B&B


La maison située au coin des rues des Ursulines et Saint-François Xavier a connu plusieurs propriétaires. Le terrain d’abord a changé de mains à quelques reprises.

En 1869, Louis Isidore Clair, avocat et propriétaire du journal Le Constitutionnel, vend le terrain à Georges A. Gouin. Ce dernier est non seulement un marchand mais l’un des rares Canadiens français à œuvrer dans le commerce du bois. Il se plaignait d’ailleurs du quasi monopole de l’entreprise Baptist sur le Saint-Maurice.

L’année suivante de l’achat du terrain, M. Gouin y construit une maison en briques rouges, soit en 1870. C’est la demeure qui porte le nom de son propriétaire actuel, la maison Labrecque au 856 de la rue des Ursulines. À la mort de M. Gouin en 1889, son épouse fait don de la maison et du terrain à Mgr. Laflèche, afin que les Sœurs du Précieux Sang s’installent à Trois-Rivières, sa fille étant devenue religieuse dans cette communauté. Les sœurs y demeurent jusqu’en 1897, moment où elles échangent maison et terrain contre l’ancienne villa de H. Vallières appartenant à Louis-Zéphirin Beaudry sur le coteau Saint-Louis. Elles y construisirent leur couvent Gethsémani. Monsieur Beaudry devint donc propriétaire de la maison et du terrain de la rue des Ursulines.

Pierre-Avila Gouin achète la partie du terrain située au coin des rues des Ursulines et Saint-François Xavier en 1898. L’année suivante, semble-t-il, il y construit une demeure qui porte le numéro civique 836. Homme entreprenant, il a été connu surtout par sa quincaillerie P.A Gouin de la rue des Forges, alors la rue du Platon, fondée en 1881. Des agrandissements en firent un commerce des plus fréquentés. Le magasin demeura sa propriété jusqu’en 1929.

En plus de la quincaillerie, P.A. Gouin s’est impliqué dans la Chambre de Commerce et en devint même président en 1906. Grand amateur de course, il fut élu président lors des élections des officiers du Club de Course de Trois-Rivières. Il semble qu’il fut aussi propriétaire du moulin à vent de la Commune qui était inactif depuis 1854. Comme P.A. Gouin en revendiquait la possession ainsi que la Ville de Trois-Rivières, la chose ne se régla qu’en 1906, alors que le moulin devint propriété de la Ville. Il fut administrateur de la Société Saint-Jean Baptiste et en devint même vice-président honoraire.

Au décès de Pierre-Avila Gouin en 1929, la maison demeura dans la famille pendant quatre ans puis fut vendue à J. Antonio Gauthier. Ce dernier avait été gérant de la quincaillerie P.A. Gouin pendant quelques dix-huit années. Il en fit d’ailleurs l’acquisition en 1929 et sous sa gouverne le commerce connu un essor considérable mais fut la proie des flammes en 1979 après neuf agrandissements entre 1931 et 1945. La maison de la rue des Ursulines de même que le commerce furent transmis à ses héritiers dirigés par Jean-Pierre qui avait pris la relève de son père à la quincaillerie. Son frère Fernand Gauthier, médecin, habita la demeure jusqu’en 1977 alors que Jean Leblanc l’acheta.

Jean Leblanc était propriétaire de plusieurs immeubles à loyers multiples qui étaient loués. Il avait acheté entre autres la maison située au 856 de la rue des Ursulines des Filles de Jésus en 1977 et l’avait revendue à Pierre Labrecque, artiste-peintre. M. Leblanc demeura propriétaire du numéro 836 jusqu’en 1993.

Un couple achète alors la maison pour en faire un gîte, Jean et Michèle Loiselle. Leur commerce prend alors le nom de Gîte Loiselle. Jean Loiselle est un homme d’affaires. En 1986, il a acheté l’édifice Balcer ouvrant un bar à l’étage alors qu’un café Morgane s’installait au rez-de-chaussée. En 1989, il s’était mérité le Lauréat du prix Héritage décerné par la Société de Conservation et d’Animation du Patrimoine de Trois-Rivières (SCAP) pour la rénovation d’un édifice commercial au coin des rues des Forges et Notre-Dame. Il répéta cet exploit en 1995 pour la restauration du Gîte Loiselle.

Depuis le 31 mars de cette année (2009), Liette Genest et Mario Houle sont devenus les nouveaux propriétaires du Gîte Loiselle. En affaire depuis une vingtaine d’années, ils ont touché à l’alimentation, tenu une épicerie, une station de service avec casse-croûte à Bécancour. Ils ont également opéré un restaurant à St-Wenceslas pendant six ans. Cette expérience dans le commerce et avec la clientèle leur sera sans doute un atout de taille dans cette nouvelle aventure.

Sources :
· SCAP : Patrimoine trifluvien
· Les Sources du Passé. Institut de Recherches. Rapport de recherche par Jean Prince M.G.A. pour Mme Michèle Loiselle. Re : 836 des Ursulines, Trois-Rivières.
· Bases de données en histoire de la Mauricie.
· Dictionnaire biographique du Canada en ligne.